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Martine Fradet

Saint Joseph, un saint à côtoyer

saint josep, marie et jésus

La Neuvaine Annuelle à Saint Joseph, qui a commencé hier, s’est souvent invitée dans notre temps de Carême. Alors, pourquoi ne pas prolonger ces 9 jours qui se concluent par la fête de ce grand Saint le 19 mars en passant le restant de notre Carême en compagnie de ce Saint qui sait être à l’écoute de Dieu et se laisser guider par Lui?

C’est ainsi que Saint Joseph a su veiller sur Marie et Jésus afin que se réalise l’incarnation de Dieu, le Verbe qui s’est fait chair, ainsi que le plan de salut du Père.

Nous avons beaucoup à apprendre de Saint Joseph, et la meilleure façon d’apprendre est de l’accueillir à nos côtés, car c’est en côtoyant quelqu’un de près que nous pouvons être transformé-e-s par sa présence. Saint frère André pourrait nous le témoigner, lui qui avait une confiance sans bornes envers saint Joseph qui était son ami et son guide.[1]

De plus, Saint Joseph est facilement accessible, car il est le grand Saint du quotidien sur qui nous pouvons compter autant pour les petits soucis de la vie que pour les moments plus déterminants.

Pour ma part, j’ai accueilli Saint Joseph dans ma vie, en 1995, et je bénéficie depuis de sa discrète et fidèle présence. (C’est cette année-là que j’ai acheté cette statue.)

saint joseph statue

Comme Saint Joseph détient un grand nombre de vocables, de qualités, nous pouvons donc faire appel à lui pour intercéder auprès de Dieu pour toute demande de notre part. Et ce n’est pas les intentions qui manquent, en ce Carême vécu dans notre monde si troublé. De plus, il parait que Jésus ne peut rien refuser à son père…

***

Voici une belle prière à saint Joseph que j’ai trouvée dans le feuillet paroissial il y a de cela quelques années. L’auteur est inconnu. Cette prière semble inspirée du Je vous salue Marie. Je l’ai longtemps priée chaque matin. La voici.

Prière à saint Joseph

Je te salue Joseph, toi que la grâce divine a comblé;
le Sauveur a reposé dans tes bras et grandi sous tes yeux;
tu es béni entre tous les hommes et Jésus,
l’Enfant divin de ta virginale épouse est béni,
Saint Joseph, donné pour père au Fils de Dieu,
prie pour nous dans nos soucis de famille,
de santé et de travail, jusqu’à nos derniers jours,
et daigne nous secourir à l’heure de notre mort. Amen.                                                                                                                                                       

***

Pour visiter le plus grand sanctuaire du monde dédié à saint Joseph, l’Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal et vous y ressourcer virtuellement https://www.saint-joseph.org/fr

Thème et prière de la Neuvaine à Saint Joseph 2024 de l’Oratoire Saint-Joseph                                                                           

Neuvaine et fête de saint joseph – Joseph, compagnon de notre histoire – L’Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal | L’Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal

 

Vidéos, sur YouTube, pour vivre la Neuvaine à Saint Joseph : 

Sœur Emmanuel de Medjugorje 

 

[1] https://www.saint-joseph.org/fr/spiritualite/saint-joseph

Être là, tout simplement

ski de fond

L’espérance de pouvoir faire à nouveau du ski de fond après plus de dix ans d’inactivité me rappelle un texte que j’avais écrit, il y a de cela quelques années. Le voici.

Toute cette belle neige tombée me fait penser au ski.

Pas n’importe quel ski, par contre. Pas au ski alpin où on dévale les pentes à toute vitesse, non, non, plutôt au ski de fond. Encore là, pas au ski de fond d’entraînement, vous savez, celui des personnes qui nous dépassent dans les pistes, tête baissée, et qui carburent à plein régime. Non, rien de tout cela. Je pense plutôt au ski de fond qui permet d’être présent à la vie et à la beauté de la nature environnante. Celui où l’on glisse doucement sur les pistes et où l’on fait corps avec la forêt, avec son silence habité. Celui où nos sens entrent en communion avec l’environnement, où on est disposé à sentir, voir et entendre toute la vie qui y est présente. Celui où on est heureux d’être là, tout simplement. Quelle joie !

C’est comme dans la vie. On peut passer dans cette vie à toute vitesse, tête baissée, et carburer à plein régime. Travailler fort, en arracher et ne pas voir, entendre, respirer, sentir, goûter, toucher et être touché-e-s. On peut aussi vivre autrement. Voir, entendre, respirer, sentir, goûter, toucher et être touché-e-s par une autre vie présente en soi, dans l’autre et dans la création; y découvrir, l’invisible rendu visible, le silence habité.

Heureux, heureuse, d’être en sa Présence. Heureux, heureuse, d’être là, tout simplement.

Quelle joie !

La Vérité sort de la bouche des enfants

françois et jacinthe

Qui de mieux qu’un enfant, avec toute sa pureté et son innocence, sa sensibilité et son authenticité, pour nous transmettre, avec simplicité, enthousiasme et profondeur, un message de la plus haute importance qui nous rebuterait s’il sortait de la bouche d’un adulte?

C’est ce que je ressens après la lecture de textes sur François et Jacinthe[1], ces petits bergers de Fatima, canonisés en 2017 par le pape François, et célébrés aujourd’hui au calendrier.

Qu’ont-ils fait de si extraordinaire ces enfants illettrés et gardiens de moutons pour être devenus saints?

Ils ont accueilli Marie et ses messages et ils se sont offerts, corps et âme, pour en témoigner, et ce, malgré des conditions parfois très difficiles : interrogatoires, menaces de mort, emprisonnements, et j’en passe.

Le 20 février 1920, mourrait, seule, dans un lit d’hôpital, la petite Jacinthe, 9 ans, après et dans de grandes souffrances. Précédemment informée en songe par Notre-Dame, Jacinthe avait accueilli à l’avance ce qu’elle vivrait, car son désir était de participer à la conversion des pécheurs afin qu’ils puissent vivre une vie éternelle au Ciel et pas ailleurs. Avant sa maladie, elle s’offrait pour ces conversions par toutes sortes de sacrifices, dès que l’occasion se présentait, comme celui de donner son goûter aux pauvres et manger, à la place, les glands amers des chênes.  

On dit de Jacinthe que, dès son plus jeune âge, elle était sensible aux souffrances du Christ et pleurait chaque fois qu’elle en entendait le récit. De plus, Lucie[2] considérait que sa cousine reçut de Marie une plus grande abondance de grâces, une meilleure connaissance de Dieu et de la vertu que François et elle.

Jacinthe fut précédée, au Ciel, par son frère François qui mourut de la grippe espagnole quelques mois plus tôt, à l’âge de dix ans, lui aussi dans de grandes souffrances.

De tout temps, le désir de François était d’aller au Ciel un jour. À partir des apparitions, sa vie sera transformée et il fera tout ce qu’il pourra pour consoler le Cœur de Jésus et celui de Marie. Alors, quand on lui dit que Notre-Dame l’accueillerait au Ciel à la condition qu’il prie beaucoup le chapelet, il ne fut pas déçu, au contraire, il en fut très heureux, car il savait qu’il irait au Ciel. Il devint de plus en plus contemplatif et priait presque constamment jusqu’à préférer rester dans l’église près de Jésus caché, comme il le disait, plutôt que d’aller à l’école…

Ce qui est touchant, c’est que François voyait Marie, comme sa sœur et sa cousine Lucie, mais lui, il ne l’entendait jamais parler. C’est dire la foi profonde qui l’animait!

Quels messages ces enfants voudraient-ils nous transmettre en 2024?

Peut-être, nous inviter nous aussi, à offrir notre vie, les joies comme les souffrances, pour la conversion des pécheurs, pour la paix dans le monde et pour la consolation du Sacré Cœur de Jésus et celle du Cœur Immaculé de Marie? Ils nous diraient que c’est facile et accessible à accomplir dans notre vie quotidienne : offrir notre mal de tête, notre manque de sommeil, notre difficulté à être en relation avec telle personne, offrir une privation quelconque, etc. Ce n’est pas les occasions qui manquent. À nous d’être créatifs!

Sans oublier de travailler à notre propre conversion…

Comment?

Tout simplement en accueillant l’Amour de Dieu dans notre cœur, en nous abandonnant à cet Amour en toute confiance et en développant une relation personnelle avec Lui. Puis, par la suite, entreprendre une relecture de notre vie, en portant une attention particulière à chacun de nos manquements d’amour, pour ensuite éprouver une contrition sincère pour chacun de ces manquements. Demander le pardon de Dieu en lui offrant tout et accepter son pardon. Sans oublier de se pardonner à soi-même.

Ensuite viendra un temps de guérison, car la guérison vient toujours après le pardon. En fait, c’est ce que Jésus a démontré lors de son passage sur terre. Il pardonnait les péchés de la personne avant de la guérir. Le pardon libère et nous permet de recevoir toutes les grâces dont Jésus et Marie désirent nous combler pour faire de nous des femmes nouvelles et des hommes nouveaux.

Si nous avons besoin d’aide pour marcher sur ce chemin de conversion, faisons des heureux, demandons à Jacinthe et à François de marcher avec nous. Ils sauront nous guider et nous soutenir et, de plus, ils en seront aux anges!

[1] João César Das Neves, Lucie de Fatima et ses cousins, Médiaspaul, 2016.

[2] Pour en savoir plus sur Lucie, lire l’article du 13 février 2023 à https://www.carnetspirituel.org/lucie-de-fatima/ 

Marie, la Toute-Proche

lourdes

En ce 11 février, Journée mondiale des malades et Fête de Notre-Dame de Lourdes, je vous invite à prier l’Acte de confiance en Marie de la Famille Notre-Dame de Lourdes (que j’ai légèrement augmenté).

Béni sois-Tu, Dieu notre Père, d’avoir créé Marie si belle, et de nous L’avoir donnée pour Mère, au pied de la Croix de Jésus.

Béni sois-Tu de nous avoir appelé-e-s, comme Bernadette, à voir Marie dans Ta Lumière et à boire à la Source de ton Cœur.

Marie, Tu connais la misère et les manquements d’amour de nos vies et de la vie du monde. Nous voulons nous confier à Toi aujourd’hui, totalement et sans réserve; de Toi nous renaîtrons chaque jour par la puissance de l’Esprit Saint, nous vivrons de la vie de Jésus qui nous fortifiera pour servir nos frères et sœurs en humanité.

Marie, apprends-nous à porter la Vie du Seigneur et aide-nous à La faire grandir en nous et par nous. Apprends-nous le oui de ton Cœur pour que nos oui quotidiens, malgré nos épreuves et nos souffrances, engendrent des fruits d’Amour, de Paix et de Joie.

Amen.

***

Vous avez besoin de ressentir la présence de Marie auprès de vous? Et de ressentir de la joie, une vraie joie? Je vous invite à prier cet Ave. 

Réjouis-toi, Marie, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi.

Tu es bénie entre toutes les femmes, et Jésus, ton enfant, est béni.

Sainte Marie, Mère de Dieu, prie pour nous, pécheurs,

maintenant, et à l’heure de notre mort.

Amen.

Quel sens donnerez-vous à votre 2 février?

présentation

Le 2 février est sûrement une date très importante puisque différentes traditions s’entremêlent.

En Europe, on célèbre la Chandeleur, une fête païenne devenue chrétienne et qui semble être redevenue païenne parce qu’elle se résume maintenant, pour la plupart des gens, à manger des crêpes… En Amérique du Nord, le 2 février, on célèbre le jour de la marmotte et les gens suspendent leur destin, et leur état d’âme, à la décision d’une marmotte qui leur dira combien de temps l’hiver va encore durer… En Europe, il y a une tradition similaire, mais avec un ours…

Comme je l’ai déjà écrit, je suis toujours émerveillée de voir l’imagination débordante de la société qui s’évertue à récupérer les magnifiques fêtes religieuses. Cette fois-ci, il s’agit de la Présentation du Seigneur au Temple. Jésus le Chemin, la Vérité et la Vie, Jésus la Lumière des nations.

À l’époque de Jésus, il était de coutume pour les parents de présenter au temple leur fils premier-né pour qu’il soit consacré à Dieu. Marie et Joseph suivent cette coutume. C’est ainsi que le vieillard Syméon les rencontre et proclame, entre autres, que cet enfant est la lumière des nations.

Je ne vous empêcherai pas de vous gaver de crêpes le 2 février ni de regarder les infos à la télé pour connaitre la prédiction de la marmotte ou de l’ours (s’ils sont sortis de leur tanière…), et de pester sur notre long hiver, mais je vous invite à contempler cet enfant nouveau-né, Jésus, la Lumière de notre vie et à l’accueillir dans votre cœur.

Jésus n’attend que cela, habiter notre cœur, y être accueilli et y trouver consolation. Et s’y vous y consentez, Il pourra le transformer pour le rendre semblable au sien : doux, humble, en paix et débordant d’amour miséricordieux.

Que sa lumière vous inonde à un point tel que tout le clinquant des choses qui vous entourent perde de son importance et que votre vie s’en trouve transformée! Ainsi vous éprouverez le désir de vous consacrer vous aussi au Seigneur, car en ce 2 février nous célébrons aussi la Vie consacrée.

C’est le saint pape Jean-Paul II qui a choisi, en 1997, le 2 février pour en faire la Journée mondiale de la Vie consacrée!

À ce moment-là, Saint Jean-Paul II avait écrit aux consacré-e-s :

« Tout en renouvelant du fond du cœur votre profession religieuse, rappelez-vous cette inspiration intérieure de l’Esprit qui vous a porté-e-s tout d’abord à suivre cette route.

Rappelez-vous les circonstances de cette inspiration première, comment elle s’est affermie, comment elle a pu se faire ressentir de nouveau, après un certain temps; comment vous avez fini par y reconnaitre avec clarté la voix de Dieu – cette voix du Seigneur qui, de toute la force de son amour, vous veut à Lui d’un cœur sans partage.

Rappelez-vous cela pour rendre grâce d’un cœur nouveau, pour proclamer les grandes œuvres de Dieu. Cette inspiration de l’Esprit ne peut s’éteindre. Elle est destinée à durer, à mûrir toujours davantage, de pair avec votre vocation religieuse, et cela tout au long de votre vie. »

Unissons-nous à toutes les religieuses, tous les religieux et les laïcs consacrés pour rendre grâce au Seigneur de ces vies données.

De plus, nous sommes invités, pourquoi pas, nous aussi, à faire une relecture de notre propre vie, à y percevoir l’action de Dieu : à rendre grâce de ses appels et de nos réponses que nous actualisons dans le quotidien de notre vie de chrétiennes, de chrétiens.

Oui, nous pouvons nous émerveiller pour toutes ces vies en Dieu ainsi que pour notre propre vie que nous vivons en sa Présence, vie qu’Il transforme au Souffle de son Esprit et qui est participative de l’œuvre de Dieu!

Et pourquoi pas, dans l’intimité de notre cœur, nous consacrer nous aussi au Seigneur. Il n’attend que cela!

 

(Image par Dimitris Vetsikashttps, Pixabay)

L’unité

l'unité

À un moment précis de mon cheminement humain et spirituel, j’ai ressenti un   désir : celui de m’unifier. Je percevais que j’étais composée de plusieurs parties, de plusieurs facettes qui avaient besoin d’être unifiées en un tout harmonieux. Dieu a répondu à ce désir par une formation en accompagnement spirituel et, depuis, par un cheminement qui n’a de cesse de s’approfondir.

Il me semble que c’est dans notre nature de rechercher l’unité. Et c’est exactement le projet de Dieu sur nous, c’est son grand désir. Quelle belle coïncidence! L’unité en nous, l’unité entre nous, l’unité avec Lui et sa Création, l’unité entre les chrétiens, et, pourquoi pas, l’unité entre tous les peuples de la terre!

Depuis jeudi dernier, 18 janvier, nous sommes entré-e-s dans la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Les catholiques, les protestants, les anglicans et les orthodoxes : tous chrétiens, un même Christ! Exauçons le désir de Dieu et prions pour qu’advienne l’unité entre les Églises.

Mission impossible, me diriez-vous? Rien n’est impossible à Dieu! (Luc 1, 37)

Ne formons-nous pas, tous et toutes, un seul peuple pour un seul Dieu? Un seul corps? Le Corps du Christ! Unifié-e-s par un seul Esprit, dans la plénitude de Son Amour?

Vivre l’unité entre nous, oui, mais tout en gardant chacun, chacune, notre identité propre en fidélité à qui nous sommes au plus profond de nous-mêmes, au don de Dieu unique que nous sommes pour le monde : c’est tout un défi!

Si l’unité nous interpelle, je nous invite à commencer par notre unité personnelle tout en faisant, en parallèle, un ménage dans nos habitudes de vie et dans nos relations, afin de ne pas perdre de vue qui nous sommes vraiment, les fils et filles bien-aimé-e-s du Père.

Nous ne sommes pas seul-e-s dans ce travail d’unification, nous sommes accompagné-e-s par la Sainte Trinité qui est le plus bel exemple d’unité parfaite et accomplie, et qui nous aide en nous ajustant à Elle et en nous outillant pour vivre cette unité à tous nos niveaux relationnels.

Je nous souhaite d’expérimenter l’unité, cette semaine, et tout au long de notre vie!

Connaissez-vous Jeanne Le Ber?

pale jlb avec copyright

Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de naissance d’une sainte personne dont la rencontre, d’abord grâce à un livre, a transformé et nourri ma vie spirituelle.

Il s’agit de Jeanne Le Ber, née le 4 janvier 1662 à Ville-Marie.

jeannebustehydrostone

Buste sculpté par  Jean-Pierre Busque, d’après le portrait reconstitué de Jeanne Le Ber selon les analyses du laboratoire de médecine légale du Québec.

Ceux et celles qui habitent la ville de Montréal, au Québec, ont déjà entendu ce nom, car il est celui d’une école, d’un CHSLD (un Centre d’hébergement et de soins de longue durée) et celui d’une ancienne circonscription électorale de 2004 à 2012.

Jeanne Le Ber a inspiré les fondatrices d’une communauté religieuse, les Recluses Missionnaires de Montréal, dont les Sœurs s’inspirent toujours de sa spiritualité, ainsi que plusieurs personnes laïques qui les côtoient dont celles faisant partie du groupe des Adoratrices et Adorateurs Missionnaires de la Famille Reclusienne.

Qui est Jeanne Le Ber ? Qu’a-t-elle de particulier pour qu’elle nous interpelle plus de 300 ans après sa naissance ?

Jeanne Le Ber était la seule fille de Jacques Le Ber et de Jeanne Lemoyne originaires de Normandie en France. Elle est née à Ville-Marie, 20 ans après sa fondation. Sa vie quotidienne était une vie de famille bien remplie dans une maison mitoyenne à celle de la famille de Charles Lemoyne. Elle y vivait entourée de quatre frères et de nombreux cousins.

Quelques années après sa naissance, une paix précaire des guerres iroquoises règne dans le bourg de Ville-Marie. À peine âgée de 5 ans, Jeanne rend visite régulièrement à sa marraine Jeanne Mance à l’Hôtel-Dieu, situé de biais à sa maison. On raconte que Jeanne Le Ber y énonçait de sages réflexions pour une enfant de son âge.

De l’âge de 12 à 15 ans, Jeanne étudie chez les Ursulines à Québec. Marie de l’Incarnation est toutefois décédée depuis 2 ans. Ce séjour chez les Ursulines vient former Jeanne et consolider tout son être spirituel. C’est aussi pendant cette période qu’elle apprend l’art de la broderie, domaine où elle excellera.

À son retour, même si elle est la plus riche héritière de la Nouvelle France, Jeanne refuse de se marier. Elle choisit, à l’âge de 18 ans, de vivre en réclusion dans la maison de ses parents. Jeanne est accompagnée par un directeur spirituel, M. François Séguenot, prêtre de Saint-Sulpice, qui valide la démarche de Jeanne. C’est lui qui l’avait initiée à l’oraison selon la spiritualité de l’École française.

Cinq ans plus tard, le 24 juin 1685, elle prononce ses vœux de réclusion et de chasteté. Elle poursuit sa vie de recluse chez ses parents jusqu’en 1695, année où elle entre, le 5 août, dans un reclusoir attenant à la sacristie de la chapelle des Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame. Chapelle qu’elle a elle-même financée.

Jeanne y vit jusqu’à son décès en 1714.

Jeanne a réalisé son désir profond, cet appel à vivre en présence de Jésus Eucharistie. Jeanne disait du Christ Eucharistique qu’il était sa pierre d’aimant.

Jeanne avait une discipline de vie, un horaire bien rempli par des moments de prière, de lecture de la Parole, d’oraison et de travail. Son travail consistait en la broderie de magnifiques linges et parements d’autel ainsi que de vêtements liturgiques. De plus, elle a su gérer ses avoirs matériels et en faire bénéficier plus d’un.

Elle a vécu une vie de silence, de solitude, d’adoration, de prière et de travail. Grâce à sa prière ardente, la colonie nouvelle a été protégée plus d’une fois.

***

Comment ma rencontre avec Jeanne Le Ber a-t-elle transformé ma vie spirituelle? En me faisant découvrir une spiritualité qui venait me rejoindre au plus profond de mon être. Spiritualité que je n’ai cessé d’approfondir.

Le message qui transparait de la vie de Jeanne est toujours actuel. Voici ce qu’elle nous livre par sa vie :

  • Devenez l’être unique que vous êtes appelés à devenir dans l’histoire et la société où vous vivez.
  • Développez une relation personnelle avec Jésus par des moments de solitude, des moments de silence. Sachez goûter au silence même si vous vivez dans une société bruyante et distrayante.
  • Laissez-vous aimanter par la Présence eucharistique.
  • Lisez la Parole, méditez-la dans votre cœur, laissez-la vous nourrir et vous imprégner.
  • Par la prière, intercédez pour l’Église et pour le monde.
  • Vivez par Marie, avec Marie et en Marie.
  • Croyez en la présence des Saints Anges et sollicitez leur soutien.
  • Aidez votre prochain par des actes concrets.
  • Privilégiez une vie simple et dépouillée de tout ce qui vous éloigne de Dieu.
  • Et, surtout, sachez que ce chemin est accessible à vous tous et toutes, même si vous êtes une personne laïque. (Jeanne Le Ber est demeurée laïque, tout comme Jeanne Mance, d’ailleurs!)

Jeanne ne nous invite-t-elle pas à découvrir, explorer et développer la dimension spirituelle de notre vie en allant à la rencontre de qui nous sommes au plus profond de notre être pour devenir en plénitude la merveille de Dieu que nous sommes?

***

 

Le tombeau de Jeanne Le Ber est situé dans la Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours dans le Vieux-Montréal.

Certaines de ses œuvres de broderie sont à la Basilique Notre-Dame et à la Maison Saint-Gabriel.

Il existe plusieurs livres sur Jeanne Le Ber, mais pour en apprendre davantage par le Web :

Les Sœurs Recluses Missionnaires et la Famille Reclusienne :

L’Œuvre des Tabernacles :

 

(Photographie : une pale brodée par Jeanne Le Ber que j’ai photographiée lors d’une exposition à la Maison Saint-Gabriel.)

Le Saint Nom de Jésus

nom de jésus

Aujourd’hui, dans le calendrier liturgique, nous faisons mémoire (facultative) du Saint Nom de Jésus. Comment cette mémoire peut-elle être facultative si le Nom de Jésus est le Nom qui est au-dessus de tout nom? (Philippiens 2,9)

Je vous invite donc à prier le Saint Nom de Jésus, car Il est vraiment puissant. Il calme, il console, il recentre, il guide, etc. Vous pouvez le prier en pensant à une personne, à un peuple ou à un pays qui a besoin de soutien par la prière. Vous pouvez fredonner ce Nom sur l’air d’Amazing Grace ou chanter Jésus, Jésus, je t’aime, alléluia, alléluia, alléluia

Et si, en priant le Saint Nom de Jésus, on envoyait un flot d’amour et de paix parcourir la terre? Moi, j’en fais la priorité de ce jour.

De plus, nous pourrons ainsi combler d’amour le Cœur de Jésus et le consoler en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels Il est lui-même offensé.[1]

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[1] Extrait de la prière de l’Ange lors des apparitions à Fatima dans le livre de Sœur Marie Lucie de Jésus et du Cœur Immaculé, Comment je vois le message à travers le temps et les événements, Éditions Carmel de Coimbra, Fatima, 2006, page 23.

Le Christ, Roi de l’Univers

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Aujourd’hui, la liturgie célèbre le Christ, Roi de l’Univers.

Dans l’univers de la majorité des gens, ce n’est malheureusement pas le Christ qui est Roi, qui règne…

Comment savoir que c’est le Christ Jésus qui règne dans notre vie et non pas notre ego avec ses caprices?

Quels seraient les indices du règne de Dieu dans notre vie personnelle?

Pour ma part, j’en suis arrivée à un petit recensement. Comme ce recensement m’est propre, je vous invite à en faire l’exercice, car chacun, chacune, de nous est unique et vit une relation unique avec Dieu.

M’abandonner à sa Divine Volonté en me laissant guider de l’intérieur par l’Esprit Saint qui est Vie et Vérité. Pour cela, passer du temps en Sa Présence, être présente à Sa Présence, faire silence et rechercher des moments de silence, assister à la messe presque tous les jours (de Lourdes par Internet ou à la radio de Radio Ville-Marie), prolonger l’Eucharistie consacrée de la messe par l’Eucharistie adorée (en personne et sur Internet), prier différentes formes de prières dont la lecture de la Parole.

À n’importe quel moment, autant dans la prière, le silence que dans l’action, laisser l’Esprit me combler de sa paix, de sa joie profonde et de son amour dans la situation que je vis dans l’ici et maintenant de ma vie.

Agir de manière désintéressée, dans un élan du cœur, avec humilité, douceur, respect et maitrise de soi. Ne pas rechercher mon intérêt ni mon avantage tout en veillant à laisser la Vie triompher dans ma vie.

Tout abandonner pour Le suivre : mon confort, mes petites habitudes, tout ce qui m’enchaîne, m’emprisonne, m’anesthésie, me garde dans un enfermement intérieur, un chemin de mort, afin de me vivre en liberté, dans la liberté intérieure des enfants bien-aimés de Dieu, malgré tout ce qui se passe autour de moi, tout ce que la société me propose comme idéal, malgré toutes les tentations sous toutes ses formes et malgré les situations mondiales.

Être sensible au sort de mon prochain, l’aider comme je peux avec qui je suis, l’hospitaliser dans mon cœur, le porter dans la prière, me laisser toucher jusqu’aux entrailles, mais ne pas en être affectée, savoir prendre du recul.

Œuvrer au Royaume de Dieu qui est amour, paix, protection et respect de la vie, protection des petits, des sans voix, protection de l’environnement, plutôt que de contribuer à l’enrichissement des « puissants » de ce monde au détriment des êtres humains et de la planète.

Savoir discerner avec Lui. Rendre grâce de Sa Présence dans ma vie, Le remercier pour tous Ses bienfaits, Lui faire confiance et me dire que ce qu’Il me permet de vivre présentement c’est ce que j’ai à vivre.

Un autre indice important du règne du Christ Jésus dans ma vie est la présence de sa Mère, Marie, et de tous les saints et saintes que j’affectionne. Marie qui me guide, me soutient, me forme, et avec Elle, je m’unis pour qu’advienne le règne de Son Fils Jésus qui reviendra dans la Gloire, dans la plénitude de Son Amour.

N’attendons plus, laissons Jésus régner en nous et à travers nous! Ouvrons notre cœur, Il est déjà là!

Avec cette fête du Christ, Roi de l’Univers nous terminons le cycle de l’année liturgique. Dimanche prochain, nous entrerons dans le merveilleux temps de l’Avent. Je dis merveilleux, car c’est le moment tout indiqué pour faire naitre le Christ Jésus en nous et le laisser régner dans notre vie. La plus belle façon serait de Lui donner toute la place en nous immergeant dans sa Divine Volonté[1], en étant pour Lui un refuge, un prolongement de son incarnation.

(Photo du Christ Roi prise à l’église Saint-Jacques, Saint-Jacques QC, août 2020)

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[1] Selon les enseignements de Jésus à Luisa Piccarreta.

Commentaires

Gérard Laverdure
AMEN! MERCI beaucoup chère Martine. Très inspirant et éclairant. Gérard

20.11.2022 20:16

Présentation de Marie au Temple

marie lac croche

À quelques jours de la fête du « Christ, Roi de l’Univers », la liturgie souligne, aujourd’hui, la Présentation de Marie au Temple.

Dès sa conception, Marie est comblée de la grâce de Dieu. À la Présentation au Temple, elle le sera encore davantage.

C’est dans cette disposition intérieure de plénitude que Marie, la Toute-Pure et la Toute-Sainte, prononcera son Fiat et accueillera le Roi des rois en son sein, devenant le premier Temple vivant de la Nouvelle Alliance.

Marie nous invite, à sa suite, à faire alliance avec Dieu, à devenir des temples, des doux refuges pour le Christ Jésus, pour sa Divine Volonté.

Accueillons Jésus dans notre temple intérieur, laissons-Le nous pacifier, nous transformer, nous guérir. Laissons-Le vivre par nous et offrons-Le, par tout notre être, à tous ceux et celles qui croisent notre route.

Devenons des dispensateurs, des dispensatrices, d’Amour, de Vie, de Lumière, de Paix et d’Espérance pour notre monde! Et, pourquoi pas, pour certain-e-s d’entre nous, des consacré-e-s!

Et comme le Christ n’est jamais seul, soyons assuré-e-s, qu’en laissant la vie du Ressuscité établir son Royaume en nous, que la Très Sainte Trinité nous remplira de Sa Gloire, de la plénitude de Son Amour!

 

(Photo prise à la Chapelle Notre-Dame-de-la-Garde, Lac Croche, Saint-Donat, août 2020)